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Prêts de la BCE : « On ne résout pas la crise mais on permet au système de tourner »

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L’édito de Jean-Marc Sylvestre. La BCE a lancé ce matin une opération inédite en ouvrant ses guichets à toutes les banques qui voulaient de l’argent. Le succès a été énorme puisqu’elle a prêté 489 milliards d’euros à un taux moyen de 1%, dépassant ainsi toutes les prévisions.

Cette opération fait partie des mécanismes anticrise proposés par la BCE pour éviter ce qu’on appelle le «crédit crunch». Nous étions depuis deux mois au bord de la paralysie. Il n’y avait plus d’argent dans les économies, les entreprises n’en trouvaient pas et les états qui sont très endettés en trouvaient, mais à un prix exorbitant. Nous étions dans cette situation parce que personne n’avait plus confiance en personne.

La BCE présidée par Mario Draghi a donc ouvert les vannes et permis aux banques de se refinancer à un taux très faible de façon à pouvoir faire recercler la monnaie. La BCE, n’a pas le droit de prêter aux états mais elle peut prêter aux banques et ces banques peuvent prêter aux Etats.

Quelques doutes quand même
Les banques européennes sont venues massivement à la BCE prendre de l’argent à 1% pour le répéter à 4, 5, ou 7 %. Elles vont se refaire une santé mais n’ayant aucune obligation, personne ne sait exactement ce qu’elles vont faire de l’argent.
De plus, les banquiers ne sont pas très chauds pour prêter aux États fragiles. L’exemple de la Grèce leur est resté en travers de la gorge. D’où l’inquiétude sur les marchés parce que cette opération ne va pas résoudre la crise de la dette. En revanche, les banques ont de l’argent pour financer l’économie et sortir du piège de la récession.

D’où viennent ces 489 milliards ?
Mario Draghi, ce n’est pas Harry Potter. La BCE ne fabrique pas cet argent, elle le prête en contrepartie de nombreuses garanties apportées par les banques. Les banques hypothèquent donc des actifs. Si les hypothèques sont solides, la BCE créer de la vraie monnaie. Si ces hypothèques sont pourries, la BCE fabrique de la monnaie de singe. Mais ça, on s’en apercevra plus tard. En bref, on n’a pas résolu la crise de la dette. On permet au système de tourner en espérant que les économies fassent de la croissance pour rembourser. C’est déjà ça. Et si la croissance n’est pas au rendez vous, on aura simplement caché une fois de plus  la poussière sous le tapis pendant trois ans.

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