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Hollande/Merkel : Le sommet des concessions

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L’édito de Jean-Marc Sylvestre. A l’issue du sommet de Bruxelles, les décisions n’ont pas été accueillies de la même manière. Les marchés sont euphoriques mais les politiques eux, font profil bas. Que faut-il penser de cet accord ?

La réponse n’est pas aussi facile à donner. L’accord répond à un problème urgent de l’Espagne et de l’Italie : ce sont les accords de sauvetage demandés par Mario Monti et Mariano Rajoy. Le sommet est donc positif parce qu’il met en place des mécanismes qui devraient rééquilibrer le fonctionnement de la zone euro. En revanche, il reste des détails techniques à préciser. Le dispositif permet l’amorce d’une nouvelle gouvernance européenne mais va mettre du temps à s’appliquer.

L’Europe ne fonctionne que par compromis, chacun doit faire des concessions. Cet accord est un bon compromis parce que tout le monde a fait des concessions. Le pacte de croissance représente un succès politique pour François Hollande, c’est indiscutable. Mais il n’a été possible uniquement parce que le Président français a accepté la règle d’or, la supervision et la discipline budgétaire. Une position qui le met en porte à faux par rapport à ses engagements de campagne. D’autant qu’il est désormais obligé de sortir un plan de rigueur, d’où les lettres de cadrage. Pour Angela Merkel, ce sont les accords de sauvetage sur les pays en difficultés qui ont été une énorme concession. Elle assume la nécessité de payer les factures mais avec la condition de respecter la discipline budgétaire.

A l’issue de ce sommet, difficile donc de raisonner en terme de gagnant et de perdant. Chacun va maintenant devoir expliquer à son opinion publique le bien fondé de l’accord. Cela fait partie du boulot de politique et ce n’est pas facile. Ni pour François Hollande, ni pour Angela Merkel.

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