Publié dans L'édito

Les candidats de gauche n’ont pas compris que les entreprises françaises n’avaient plus qu’à s’expatrier et fuir la fiscalité française. Démonstration.

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Faudra-t-il attendre que la Grande-Bretagne devienne un paradis fiscal pour s’apercevoir que les entreprises françaises n’auront pas d’autres alternatives que l’évasion fiscale ?

La campagne de la primaire à gauche est décourageante. La plupart des projets sont irréalisables et ruineux. Alors, bien sûr, aucun candidat n’a osé dire que c’est la finance qui paiera, que les riches paieront. Mais quelles autres solutions un gouvernement de gauche emporté dans son élan par les idées de Benoît Hamon ou d’Arnaud Montebourg, ou même de Vincent Peillon ou de Manuel Valls, aurait-il dans ses cartons pour préserver les équilibres financiers et rester dans la course aux emplois ?

Ce qui est décourageant dans ces débats politiques, c’est que les candidats passent à côté des défis qui s’imposent et finalement de la réalité.

Si on liste ce qui s’est dit ou promis pendant cette campagne à gauche, on retiendra des projets certes intéressants (quand on est en fac), mais complètement utopiques.

-le revenu universel, oui ! Mais impossible à financer. La sécurité sociale qui était un projet ambitieux avait au moins le mérite de protéger le travail puisque c’était sa source de recettes.

-la taxe sur les robots, initiative stupide puisque les robots sont déjà taxés comme tout le matériel de production. Autant alourdir encore l’impôt sur les entreprises. C’est aussi oublier que ceux qui conçoivent et fabriquent les robots sont aussi nombreux que ceux qui ont été remplacés par les robots.

-les mesures protectionnistes, bien sûr, elles conduisent à s’asphyxier

-les relances de la demande, pas financées, finissent toujours par ne relancer l’emploi qu’a Shanghai, surtout dans un pays au déficit extérieur chronique.

-les emplois publics, encore et toujours

– les référendums citoyens, pas de moyens plus rapides pour tomber sous l’emprise des lobbies et tout bloquer, avec la bonne conscience d’avoir fait une expérience de démocratie. La belle affaire.

-Accroître les déficits, oui c’est évidemment accroître les endettements et se retrouver un jour bloquer dans son financement, etc.etc.

La liste des projets concrets qui ne sont, ni cohérents, ni financés est très longue. Le problème dans cette campagne à gauche, c’est qu‘aucun des candidats n’ose s’attaquer aux vrais problèmes. Manuel Valls s’y essaie, il a l’ADN pour ca, l’expertise, mais il n ‘ose pas assumer. Par conséquent, les vrais problèmes sont tabous dans les discours.

1e tabou, premier défi, la fiscalité des entreprises. La machine économique ne fonctionne pas parce que la fiscalité qui pèse sur les mécanismes de production est  trop lourde. C’est une réalité que la gauche ne reconnaitra jamais. Et pourtant.

-La France est championne fiscale pour l’impôt sur les salaires. Donc les salaires sont minorés et progressivement élimines des activités modernes.

-La France est championne (du monde) des cotisations de sécurité sociale.

-La France est championne du monde pour les bénéfices des sociétés (30% contre une moyenne de 10%).

-La France est le pays champion du monde pour la fiscalité sur le capital donc sur l’investissement (hormis l’investissement recherche)

Dans ces conditions, les entreprises françaises n’ont pas intérêt à grandir, elles n’ont pas intérêt à embaucher, elles n’ont pas intérêt à dégager des bénéfices, donc elles les dissimulent.

-Les entreprises françaises ont intérêt à s’expatrier ou à fuir la fiscalité. Cette course à l’évasion va prendre une nouvelle dynamique avec les mutations internationales.

Si Donald Trump confirme ses objectifs de protectionnisme, les entreprises auront intérêt à investir et à fabriquer aux Etats-Unis.

Si Theresa May fait de l’Angleterre le plus grand paradis fiscal du monde, elles auront intérêt à déménager outre-manche.

2e tabou, deuxième défi, le modèle social totalement financé par le travail salarié alors que le salariat perd de son importance au profit d’autre forme de contrat.

3e tabou, troisième défi, le rôle de l’Etat, et de l’Europe. Alors, si tous les candidats se préoccupent de l’Etat et des collectivités locales, ils ne s’inquiètent pas de sa compétitivité, de son efficacité. Plus grave aucun candidat normalement constitué, ne s’intéresse à l‘Europe. Or l’Europe est le moyen privilégié pour résoudre les problèmes de concurrence fiscale ou sociale qui cannibalisent l’union européenne.

L’indifférence de la classe politique est très coupable.  Alors que Donald Trump d’un côté et Theresa May de l’autre ne rêvent que d’une chose, démonter l’Europe et la mettre en miettes.

De ces trois tabous, trois défis, Le tabou de la fiscalité sur les entreprises est de loin le plus inquiétant. Celui qui mériterait le plus d attention. Parce que c’est lui, qui touche au nerf de la guerre, qui commande la croissance, les emplois et le progrès général .

Alors pourquoi la gauche ne s’intéresse pas aux questions essentielles ?

Les raisons sont multiples. La gauche ne les connait pas, sa culture d’origine est une culture de service public centralisé. Ajoutons à cela que pour des raisons purement politiciennes, la gauche a cru qu’elle n’avait pas intérêt à protéger l’entreprise.

Le résultat est que la gauche du parti socialiste est en train de disparaitre des écrans radar. Elle n’est pas considérée comme capable d’apporter des solutions à la modernité. La gauche du PS est « out of game », parce que ça ne veut pas dire que les idées de gauche soient incompatibles avec les progrès de la modernité. Beaucoup pensent que la générosité de gauche sera d’autant plus préservée et restaurée que l’appareil économique sera fort et dynamique.

Pour se sauver, le parti socialiste n’a qu’une solution. Se rallier au mouvement d’Emmanuel Macron. Ce qu’il fera, parce que les députés de gauche n ‘auront pas d’autre solution pour sauver leur job.

Le marché politique fonctionne selon les mêmes principes que les marchés en concurrence. C’est la meilleure offre qui gagne, celle qui semble répondre au besoin du moment. Et l offre qui a le plus de succès aujourd’hui c’est celle de Macron.

Le besoin du moment est très identifié : il s’agit de sauver l’appareil à produire de richesses et des emplois. Il faut faire très vite parce qu’il va s’expatrier.

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